Nekfeu – Les étoiles vagabondes – Partie 1 (le film)

« Ce soir je joue devant 80 000 personnes mais je ne me suis jamais senti aussi seul »

Les étoiles vagabondes a été dévoilé jeudi 6 juin à 20 heures pour une séance unique dans toute la France. Ce documentaire a pour but de retracer les deux années de création de l’album de Nekfeu intitulé Les étoiles vagabondes.

Le visage collé contre la vitre d’une voiture, l’esprit pensant, les gouttes de pluies tombent et un titre, Les étoiles vagabondes. Le décor est posé. Ce documentaire c’est l’histoire d’un pote de longue date qu’on n’a pas vu pendant deux années et qui décide enfin de se livrer en dévoilant toutes les subtilités de son album.

Mais où était-il ? Au travail

961 jours nous séparent de Cyborg le deuxième album de Nekfeu. L’attente fut longue.

Ou était-il passé ? Les plus grands experts ont essayé de retrouver sa trace, Japon, Grèce, Paris ? Seuls quelques indices, des pistes, des apparitions, des featuring mais surtout beaucoup de mystère.

Un album diffusé au cinéma, en voilà une idée originale. Plus de 65000 places ont été vendues en un mois dans toute la France, la fan-base de Nekfeu reste toujours très active. En tout plus de 100 000 place et numéro un du Box-office le jour même.  

Nekfeu à cœur ouvert

« Tous les éléments composant l’univers, les galaxies, les amas de poussière, les astres s’éloignent les uns des autres inexorablement un peu comme nous et quand deux étoiles sont trop proches et que l’une des étoiles explose il arrive qu’elle condamne l’autre étoile à errer sans trajectoire dans l’univers, on les appellent les étoiles vagabondes ».

Impossible de rester à Paris Ken avait besoin d’évasion, la pression était trop forte, il fallait l’évacuer. Quoi de mieux qu’un retour aux sources, en Grèce avec sa grand-mère pour faire le vide et se recentrer. Loin du stress et du bruit des grandes villes le petit village d’origine de ses grands-parents et l’endroit idéal pour respirer.

Les séances studios, les mix, les couplets, les très nombreuses pages d’écritures jetées à la poubelle, tout ce chemin qui mène à l’album nous est dévoilé en plusieurs chapitres à travers une narration menée par Nekfeu en personne.

Deuxième arrêt Tokyo. Fan de Manga et de culture Nippone Nekfeu séjourne pendant deux mois au Japon avec une partie de l’Entourage, son groupe. Les studios de la galère aménagés par Diaby et Hugz (deux des producteurs de l’album) ont fait beaucoup rire la salle mais c’est bien avec des coussins et un matelas contre le mur qu’une partie des chansons a été enregistrée. Le rap, musique de la débrouille comme il le dit lui-même. L’une des scènes fortes de son voyage à Tokyo c’est son passage au Temple près du Mont Fuji. Alors mise en scène ou véritable rencontre on ne sait pas. Tout ce que l’on sait c’est que le message est passé : L’argent et la célébrité ne l’ont pas rendu plus heureux.

Une petite partie des chansons enregistrées le rappeur part pour Los Angeles, Paris l’effraie. Alors qu’il semblait à côté de ses pompes à Tokyo, pas décidé à enregistrer quoi que ce soit, son passage aux Etats-Unis révèle que c’est un acharné du travail, qu’il ne recule devant rien pour avoir la meilleure prise possible, n’en déplaise à Diaby devenu dingue après des heures d’écoute pour le morceau Clan issu du projet de 2zer.

C’est dans cette partie que l’on apprend le plus sur lui, Nekfeu semble avoir toujours eu ce don pour la musique. Il ne s’arrête jamais. Ce qui l’inspire avant tout ce sont ses relations qu’elles soient amicales, professionnelles, amoureuses, tout tourne autour de ça. Finalement Nekfeu ne se livre jamais sur sa personnalité, il le fait à travers les autres.

C’est très intéressant de le voir enfin s’ouvrir à son public d’une autre manière dans ses morceaux. Les coulisses de la conception d’un album relève souvent plus sur l’homme que sur l’artiste, sur sa manière d’appréhender, de voir les choses, d’analyser ce qui se trouve autour de lui. Sa vision à lui est unique et fait évoluer son talent à chaque fois.

Tout ce que l’on veut connaître

Ce que l’on veut savoir sur l’artiste est décomposé en deux heures, il avait une idée en tête, faire découvrir son entourage, son univers, ses créations au grand public, juxtaposée par ses pensées et ses tourments qui forment le fil rouge du documentaire.  

Sa rencontre avec Damso à Bruxelles constitue la rencontre entre deux génies de la musique qui se comprennent sans parler. Musicalement chacun sait ce qu’il veut et cette scène dans le studio de Damso montre que ces deux hommes sont des génies du rap francophone. Cette séquence nous apprend également que seul Nekfeu peut porter un tee-shirt Johny Hallyday stade de France sans passer pour un beauf. Belle perf.

Avant dernière étape du chemin, la Nouvelle-Orléans, ville de musique, berceau du jazz. Après avoir échappé à un ouragan, Nekfeu rencontre Tronbon Shorty un des trompettistes les plus influents des Etats-Unis. Choqué par la façon dont les habitants de la Nouvelle-Orléans vivent la musique, Nekfeu est impressionné par l’artiste qui lui dévoile une vision de la musique qui ressemble à la sienne, en un mot, amour. Le jazz à la différence du rap est plus qu’un simple style de musique, c’est un véritable état d’esprit, une façon de vivre. Le mélange des genres a produit quelque chose de merveilleux dont l’artiste peut être fier.

La réalisation de Syrine Boulanour nous fait presque oublier que l’on regarde un film, nous sommes ancrés dans son intimité, son quotidien. Ce documentaire lui sert de thérapie pour nous expliquer pourquoi il se sentait malheureux dans le succès.

J’ai beaucoup aimé l’une de ses phrases qui disait qu’il fallait « cultiver une émotion triste » car les émotions tristes sont bien plus importantes que les émotions joyeuses, elles sont à polir et à distiller au compte-goutte car elles nous construisent. Ce qu’il a pu raconter sur lui, sur sa manière de vivre m’a beaucoup touché et ému. Hélas je n’ai pas pu tout retenir mais la façon dont il réussit à mettre des mots sur des émotions me surprendra toujours. Lorsque l’on écoute Nekfeu on n’est jamais insensible.

Un pari réussi

Discuter, voyager, rencontrer, découvrir, vivre c’est la tout ce que recherchait Nekfeu pour s’inspirer et sortir de sa dépression. Son équipe toujours présente depuis ses débuts lui permet de retrouver confiance en lui et de garder les pieds sur terre en nous faisant passer du rire aux larmes.

Il se dit souvent être le spectateur de sa propre vie, pourtant nous étions bel et bien ses spectateurs. Ce film est une réponse à comment vivre son succès en détestant le succès.

En sortant je me suis demandé si j’avais réellement voulu entendre tout ce que j’avais entendu. Est-ce que je n’aurai pas préféré qu’il garde pour lui le processus de création, ce chemin parcouru dans sa tête, n’aurai-je pas préféré ne rien savoir sur lui et continuer à écouter ses albums comme je le fais depuis le début. Cela n’enlève en rien la qualité du documentaire et la très bonne idée qu’a eu Nekfeu de nous faire part de la construction de l’album. Mais lorsque vous lisez un livre, vous aimez savoir comment il a été écrit ?

Dans quelques jours je sortirai la deuxième partie de l’article uniquement sur l’album, il me faudra quelques jours avant de l’assimiler. Après le film, l’album, je m’attends au livre évidemment.

C’est un pari réussi de la part de Nekfeu et Syrine Boulanour, ce film était très intéressant et nous apprend beaucoup sur l’artiste et sa vision de la musique. Maintenant place à l’album.

« Aujourd’hui on joue devant 80 000 personnes et je ne me suis jamais senti aussi entouré ».

Benjamin Degreve

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