Népal – Adios Bahamas, un album pour l’éternité

Pochette de l’album Adios Bahamas par Lucas Matichard.

Le rappeur originaire du XIVème arrondissement de Paris, décédé le 9 novembre 2019 a selon sa volonté sorti son premier album posthume intitulé Adios Bahamas.

La nouvelle de sa mort a secoué le monde du rap, l’un des rappeurs les plus talentueux de sa génération laisse derrière lui une carrière de près de 10 ans, trois EP excellents et des dizaines de titres qui ont marqué les esprits.

« C’est quoi la vie si j’peux pas aimer mes gens ?

C’est quoi la vie si j’peux pas élever mes sens ?

C’est quoi la vie si j’peux pas en donner un peu ? »

Trajectoire-Népal

Une évolution dans son style

Pour ceux qui connaissent Népal, cet album est dés les premiers titres  très marqué par son style, une instrumental calme, avec 3 à 4 notes suivie d’un texte travaillé, avec des pré-refrain, des ponts, des outro entourées de multiples références à la culture japonaise, des messages personnels et des critiques sur la société actuelle.

Pour ceux qui ne connaisse pas Népal, c’est ça : Népal-Rien d’Spécial 

https://www.youtube.com/watch?v=NwIxIAztiag&t=2s

Son premier album a été longuement muri et réfléchi pour qu’il puisse arriver là où il voulait aller. Prendre son temps ça a du bon on a pu le voir avec Nekfeu ou encore PNL en 2019.

De 444 nuits son tout premier projet à Adios Bahamas on remarque une véritable évolution dans sa musique. L’univers qu’il a créé depuis plusieurs années est amené à prendre forme dans Adios Bahamas. Tout ce travail pour enfin arriver au but, un album qui lui correspond.

De plus on découvre une nouvelle facette de sa musique, les instrumentales sont plus rythmées comme dans les morceaux, Sundance, Cross fader et Sans Voir où il joue avec les différents rythmes des sons.  

Il a joui d’une profonde liberté pour sortir un album qui colle à sa génération et a son style. La véritable progression de Népal par rapport à ses premiers projets se trouve dans les refrains, plus travaillés et entrainant qu’à son habitude. Ses musiques sont composées de plusieurs ponts, pré-refrains, intro avec des samplers. Au final on constate que rien n’est laissé au hasard et donne à chaque titre une atmosphère particulière.

 Il a su évoluer et prendre le train en marche pour enfin s’imposer.

« Quand l’instrumental est bonne et qu’y a rien à faire glander, j’écris des bes-tu comme Ariana Grande » Crossfader-Népal.

Népal est d’ailleurs très bien entouré. Il n’a décidé de travailler qu’avec des gens avec qui il avait déjà travaillé comme Di-Meh dans Ennemie Pt2, Nekfeu dans En Face, Sheldon dans Vibe, qui par la même occasion nous gratifie d’un couplet succulent à écouter sans modération.

On retrouve Doum’s évidemment son compère de 2Fringz dans le morceau Millionnaire et 3010 dans Sans Voir. Dans Sundance l’un de mes titres préférés de l’album Diaby l’un des meilleurs producteurs du rap français nous dévoile tout son talent, plaçant sur orbites Népal.

Tracklist de Adios Bahamas.

L’Esprit tourmenté 

« Il faut construire le monde qu’on veut voir dans notre futur ».

Cette phrase issue du discours de Nassim Haramein est le symbole de cet album. Le jeune rappeur nous dévoile ses faiblesses. Celui dont ont a jamais vu le visage n’hésite pas à se livrer à cœur ouvert sur son ennuie profond et sa mélancolie sur le monde qui l’entoure à travers des thèmes comme la drogue, l’amour, l’amitié tout ça avec une profonde sincérité.

Ecouter la musique de Népal c’est voyager dans un univers inconnu, quitter les pieds du sol et se laisser emmener. Dans Adios Bahamas Népal nous montre qu’il avait un talent à part.  

« Tout ça, c’est les autres / On va laisser ça aux autres / Puisque l’enfer, c’est les autres / Pourquoi vouloir faire comme les autres ? » Trajectoire-Népal

La mélancolie du projet prédomine et donne un certain caractère pesant sur le projet du fait de son contexte. C’est un projet qui mêle espoir et doute. Sa vie et son monde qui ont tragiquement arrêté de tourner. Certaines phrases donnent un profond sentiment de tristesse et de gâchis.  

Népal un artiste unique

Les dernières notes de Daruma le dernier titre du projet donne un pincement au cœur et laisse derrière lui une carrière de près de dix ans et un album réussi et bien construit. Le Spleen et la réflexion entourent ce projet très fort de sens.

Daruma-Népal : https://www.youtube.com/watch?v=cLBatFV33lE

Népal était un formidable artiste, l’un des plus inspirant de sa génération et ce n’est pas un compliment d’hommage qui peut sembler faux. Il a connu une trajectoire différente et a sorti son premier projet bien plus tard que les autres mais les hommages qui ont suivi sa mort montrent tout le respect que le milieu avait pour lui.

Il avait une technique irréprochable, pouvant toucher n’importe qui dans ses morceaux, en parlant d’amour, de lui où de tout autre chose il avait ce talent d’écriture qu’on retrouve chez peu de rappeurs. Il avait de l’or dans les mains.

Personnellement il est le rappeur que j’apprécié le plus, j’étais et je serai toujours touché par sa musique et sensible à son univers. J’aimais sa manière de créer, il avait son style, son flow et rien n’était semblable. Cet album est totalement réussi, Népal a su se faire plaisir et être totalement libéré.

Népal avait quelque chose de spécial, qu’il repose en paix.

La série de portrait anonyme de l’album est absolument magnifique, je vous laisse apprécier. (Photo by Lucas Matichard)

Benjamin Degreve

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